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Hier et bien avant
Sur les sentiers du patrimoine
Les traditions
Emile Joulain
Les passionnés de l'histoire locale Les traditions
• La boule de fort
Hervé Bazin : "si vous aviez le temps de lier amitié avec quelques-uns de nos joueurs de boules, vous pourriez prétendre que vous connaissez les monuments les plus curieux de la France paysanne".
La boule de Fort, à Mazé, est une institution. Au siècle dernier, il en existait 32 jeux. Aujourd’hui, subsistent le Loiron, la Maison Blanche, Les Bons Laboureurs, Le Milieu, La Croix Boujuau, Les Touches, La Macrère (en plein air).
Jeu le plus pratiqué en Anjou, initialement « société d’hommes », son originalité vient de l’alliance d’un terrain incurvé et d’une boule cerclée de fer, méplate et déséquilibrée par un côté plus lourd que l’autre appelé Fort.
La forme actuelle de la boule de Fort angevine date du milieu du XIXème siècle. C’est un nommé Pineau, forgeron à Mazé, qui aurait ferré la première boule de fort en 1845.
Description : : le terrain mesure entre 22 et 26m de long pour 7m de large avec des pentes s’élevant de 35 à 40cm sur les côtés. La boule ferrée pèse 1,4kg pour 12cm de diamètre et 9,5cm d’épaisseur.
Challenge disputé chaque année à Mazé :
"Le Mazéiais"

Il existe depuis 6 ans, c'est un challenge public, organisé par 5 sociétés de boules de fort et le concours de la commune de Mazé.
C'est un concours qui se joue à 2 contre 2 en 10 points. Il permet à tous les amateurs de la région, à toute la population mazéiaise de se réunir, se rencontrer et de partager de bons moments.
Origine : selon la tradition orale, la boule de Fort viendrait des Plantagenêts, comtes d’Anjou et rois d’Angleterre. Pour d’autres, ce sont les forçats, employés à la construction des levées de la Loire par Jeanne de Laval, qui seraient à l’origine du jeu, en roulant leur boulet dans les fossés ou dans les cales des bateaux pendant leur repos. Certaines explications font référence à Napoléon et à ses grognards qui, après la bataille, jouaient à la boule de Fort pour se détendre. La forme de la boule pourrait venir aussi des billes de bois usées servant au fonctionnement de nombreux moulins qui fleurissaient le long de la vallée de la Loire.
En dehors du jeu lui-même, c’est la permanence d’une forme « populaire » d’organisation qui est intéressante. Il s’agit bien d’une culture populaire, qui fait vivre la permanence d’un besoin humain profond : s’insérer dans un groupe stable, égalitaire, distinct des groupes familiaux, professionnels, sociaux et dont l’objectif premier est la convivialité.
Elle a permis d’autres fonctions : la lecture du journal, la réunion de notables, la discussion politique, l’action du clergé ou l’action contre le clergé. Par elle, on s’est détaché des vieilles habitudes, on s’est « civilisé », on a assuré l’intégration des jeunes à la société des adultes et la cohésion du village ou sa division.
Fonctionnement : les joueurs sont
regroupés en cercle ou société (ici la société Les Touches à Mazé) dont la grande majorité adhère à la Fédération des joueurs de boule de Fort de la région de l’Ouest.
Les sociétés, cercles ou amicales, avec leurs statuts de loi 1901 peuvent être propriétaires ou locataires des locaux, tout en étant catholiques, laïques ou neutres.
Les bâtiments comprennent le plus souvent le jeu, une buvette, une salle de jeu de cartes, une cave et un cellier, le tout entretenu et gardé par un concierge. Un bureau élu chaque année par l’ensemble des sociétaires réunis en assemblée générale, dirigé par un président, gère la société en étant responsable de son bon fonctionnement.
Portes ouvertes , chaque été, de début juillet à fin août, dans les sociétés de boules du canton.
• La musique d’Harmonie
L'Orchestre d'Harmonie de Mazé est municipal. Depuis un peu plus de 130 ans, dans bien des circonstances, par tous les temps, il a été l’âme des célébrations officielles mais surtout, il a accompagné les grands moments de notre commune.
Patrimoine étonnant qui continue à faire que des hommes et femmes de toutes conditions se rencontrent pour le seul plaisir de faire de la musique ensemble. Un patrimoine qui poursuit sa mission originelle, celle de divertir et de propager le goût de la musique auprès de publics extrêmement divers.
C’est la Révolution française qui a fait descendre la musique dans la rue, rendant populaire l’idée que la musique éduque l’esprit et c’est au cours de la seconde République que les rassemblements musicaux furent autorisés. Les sociétés musicales de l’époque contribuèrent bien sûr à une véritable révolution culturelle car elles permirent à tous d’accéder à des registres musicaux habituellement réservés à l’ « élite » mais ce fut aussi un véritable bouleversement social puisque des centaines de milliers d’ouvriers, d’employés, d’artisans, d’agriculteurs… eurent accès à l’instruction musicale « gratuite ». Comme les sociétés sportives, les sociétés musicales furent de formidables outils de promotion sociale permettant à leurs membres, pour aller concourir, de voyager et de découvrir grâce au chemin de fer des destinations lointaines pour l’époque.
D’abord, sociétés d’hommes, très réglementées, elles prirent aussi le nom d’harmonies…, musiques municipales, avant de devenir le plus souvent orchestres d’harmonie. Les musiciens se plaisent toujours à dire qu’ils se rendent « à la musique ».


L'Orchestre de Mazé en 1865 et 1930
C’est autour des années 1850 que les communes se dotent de leurs propres « harmonies ». Mazé n’échappe donc pas à la règle avec le dépôt officiel en 1875 de son propre règlement.


l'Orchestre en 1954 L'orchestre en 1982